C'est ce qu'on appelle une mise au point. Après les cafouillages sur les OGM et la carte Famille nombreuse la semaine dernière, Nicolas Sarkozy remet ses troupes en ordre de marche. Lors du conseil des ministres, le chef de l'État a appelé mercredi "tous les membres du gouvernement à la loyauté, à la solidarité et à la nécessité d'avoir une équipe soudée autour de lui et autour du Premier ministre", a expliqué le porte-parole du gouvernement Luc Chatel.
Mais selon plusieurs participants, le président de la République se serait montré beaucoup plus ferme. "La prochaine fois, c'est la porte", aurait-il carrément lâché. "Il n'y aura pas de nouvel exemple" de couac "sans sanction", et "celui ou celle qui manque à la solidarité gouvernementale devra sortir", a ajouté le locataire de l'Élysée. Histoire d'enfoncer le clou, il aurait même précisé : "C'est la dernière fois que j'accepte cela. François et moi estimons que ça suffit ! Je ne supporte plus que certains se fassent leur cote au détriment de l'équipe. On accepte les arbitrages et si on n'est pas content, on quitte le gouvernement."
Pour un des participants, ce recadrage en règle s'est fait sans que Nicolas Sarkozy ait besoin de hausser le ton. "Le Président était très calme. Mais on sentait qu'il en avait discuté avec François Fillon" et qu'ils avaient "fini d'être gentils".
Plusieurs ministres visés
Même si aucun nom n'a été cité, plusieurs ministres étaient clairement visés par cette déclaration. En première ligne, la secrétaire d'État à l'Écologie Nathalie Kosciusko-Morizet. Interrogée mardi après-midi par lepoint.fr , NKM avait tiré à boulets rouges sur son ministre de tutelle Jean-Louis Borloo, qu'elle accusait "de fuir ses responsabilités". Elle s'en était aussi prise à Jean-François Copé, dénonçant la"cabale" organisée par ce dernier à propos du projet de loi sur les OGM. "C'est à lui de s'assurer de la présence suffisante de députés sur un vote. Il n'a pas su organiser un débat préalable interne au groupe sur le sujet. Il porte une lourde responsabilité."
Autre preuve de désordre : l'Élysée, Matignon et le gouvernement avaient tenu des positions contradictoires à propos de la carte Famille nombreuse. Annoncée supprimée dans un premier temps, celle-ci avait fini par être maintenue.
L'éventuel boycott de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Pékin avait aussi déclenché la polémique. Dans un entretien au Monde , la secrétaire d'État aux droits de l'homme Rama Yade avait déclaré que Nicolas Sarkozy mettait plusieurs "conditions" à sa participation à la cérémonie d'ouverture, le 8 août, en Chine. Des propos que son ministre de tutelle Bernard Kouchner avait immédiatement démentis.
Pour tenter de mettre un terme à la "cacophonie" gouvernementale, un terme employé jusque dans les rangs de la majorité, le couple exécutif a nommé mercredi comme délégué interministériel à la communication Thierry Saussez qui sera également responsable du Service d'information du gouvernement (Sig).
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