PETITION POUR LA DESTITUTION DE NICOLAS SARKOZY
DE SES FONCTIONS DE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE




Presse


02/05/2008 La lisibilité de la politique économique de Sarkozy en question
Reuters Par Véronique Tison

Élu président du pouvoir d'achat, déterminé à chercher la croissance "avec les dents", Nicolas Sarkozy peine un an après à imprimer une politique économique lisible.
À sa décharge, le gouvernement ne pouvait prévoir la crise financière partie des États-Unis à l'été 2007 et qui a remis en cause ses scénarios de croissance.
Mais son discours volontariste sur la résilience de l'économie française ne convainc pas les économistes pour qui le pire est à venir, tandis que l'opinion publique, focalisée sur l'inflation, semble insensible à la baisse du chômage.
Au lieu du "choc de croissance" promis l'été dernier, le ralentissement de l'activité et la dégradation des finances publiques ont alimenté des mois durant le débat sur un plan de rigueur, mot devenu tabou pour le pouvoir qui préfère parler de "gestion rigoureuse" et multiplie les annonces d'économies, parfois démenties le lendemain.
La défiscalisation des heures supplémentaires, grande réforme du début du quinquennat, a été mal vendue et les mesures annoncées depuis ont manqué d'ambition ou de conviction, quand elles n'ont pas contribué à faire flancher le moral des ménages qui se languit depuis cet hiver à des plus bas historiques.
L'indicateur de l'opinion des ménages calculé par l'Insee a reculé à -37 en avril, au plus bas depuis que cette statistique a été créée en janvier 1987. Il faut remonter à mai 2007, avec l'élection de Sarkozy à la présidence de la République, pour trouver trace d'une amélioration du solde qui était alors à -13.
"ERREUR DE COMMUNICATION TOTALE"
La loi Tepa (travail, emploi, pouvoir d'achat), votée dès l'été 2007 par le Parlement réuni en session extraordinaire, promettait de stimuler la croissance à coups d'allègements fiscaux concernant en premier lieu les heures supplémentaires - histoire de donner corps au slogan de campagne "travailler plus pour gagner plus".
Les entreprises y ont certes recours - 500.000 fin 2007 selon le ministère de l'Economie - mais indiquent dans diverses enquêtes que c'est la conjoncture économique, et non la loi Tepa, qui les poussera à proposer des heures supplémentaires.
"On a parlé d'un accélérateur de croissance en juillet lors de la présentation du texte. La crise nous amène à l'utiliser comme amortisseur, et demain de nouveau comme accélérateur à l'arrivée de la croissance", assurait Christine Lagarde, la ministre de l'Économie, le 9 avril devant la commission des finances de l'Assemblée nationale.
Première réforme emblématique du gouvernement Fillon, la loi Tepa a surtout souffert d'être mal perçue par l'opinion à cause de ses autres avantages fiscaux profitant aux plus aisés. L'opposition a eu beau jeu de dénoncer dans ce "paquet fiscal" de 15 milliards d'euros un cadeau aux riches et Nicolas Sarkozy a prêté le flanc aux critiques en déclarant en janvier que les "caisses sont vides".
Lors de son intervention télévisée du 24 avril, le chef de l'État a reconnu une "erreur de communication totale" sur ce dossier.
En février, Sarkozy en difficulté dans les sondages avait suscité un autre malentendu en promettant de sauver l'usine Mittal de Gandrange, en Moselle, tout comme il s'était porté au secours des marins-pêcheurs menacés par les quotas européens.
Ces déclarations, survenant juste après l'annonce d'une réforme du marché du travail, ont brouillé le message gouvernemental.
"J'annonce quelque chose et en même temps je montre que je ne me sens à aucun moment contraint par les engagements que j'ai pris. Cela pose la question de la crédibilité de la politique économique", déplore Philippe Waechter, économiste chez Natexis Asset Management.
"Dans le même temps, beaucoup de choses ont été touchées mais pas forcément résolues", ajoute-t-il, rappelant le bruit fait autour de la refonte des contrats de travail ou de l'instauration du service minimum, qui finalement ont été bien en-deçà de ce qui avait été promis.
Remis en grande pompe au chef de l'État le 23 janvier, le rapport Attali et ses 316 propositions ont semblé remisés presqu'aussi vite, sous les coups de boutoir des parlementaires - y compris de la majorité - et des chauffeurs de taxi.
La loi de modernisation de l'économie, que le gouvernement soumettra au Parlement fin juin, en reprend certes 35 propositions mais le plus controversé a été laissé de côté.
FONDS DE TIROIRS
Fin mars, l'annonce d'une aggravation de 0,3 point du déficit public de la France en 2007, à 2,7% du PIB au lieu de 2,4% prévu, a amené le gouvernement à annoncer une ribambelle de mesures d'économies mais en donnant la fâcheuse impression de racler les fonds de tiroirs.
Certaines mesures ont été démenties, le chiffrage reste obscur et les sept milliards d'économies annoncées à l'horizon de 2011 seront de toute façon insuffisantes au regard d'un déficit qui a dépassé les 50 milliards en 2007.
Dans l'immédiat, le déficit risque se rapprocher des 3% cette année, la limite fixée par le traité de Maastricht, alors que le gouvernement promet de le ramener à 2,5% - une perspective jugée peu réaliste par les économistes comme par la Commission européenne.
"Dans ce contexte de conjoncture difficile, il est probable qu'en 2008 on sera autour de 3% et on ne sait pas du tout ce qui sera fait derrière ça", commente Philippe Waechter. "On nous dit 'ne vous inquiétez pas en 2012 on sera à l'équilibre', mais cette problématique on l'a tellement entendue qu'on a du mal aujourd'hui à y croire".
"Au final on est dans plein de choses, beaucoup d'effets d'annonce et qui donnent un sentiment extrêmement brouillon de la ligne de la politique économique", ajoute l'économiste de Natexis Asset Management pour qui, pourtant, "les Français seraient prêts au sacrifice pourvu qu'une orientation soit clairement exposée".