PETITION POUR LA DESTITUTION DE NICOLAS SARKOZY
DE SES FONCTIONS DE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE




Presse


28/04/2008 Analyse Par Alain Joannès Sarkozy « taille dans le dur »
Le Télégramme

L'évolution du discours présidentiel depuis près d'un an oblige à s'interroger sur les raisons qui poussent les responsables politiques à vouloir afficher une politique sociale. Celle de Nicolas Sarkozy se réduit aujourd'hui à quelques chétives mesures noyées dans une remise en cause globale des acquis hérités des périodes économiques fastes. En France, les politiques sociales peuvent avoir quatre finalités. Quand la gauche est au pouvoir, sa politique sociale consiste à corriger les inégalités et à instaurer de nouveaux acquis « progressistes ». La droite conçoit des politiques sociales pour exorciser des crises comme celles de juin 36 et de mai 68 ou pour rendre supportables des réformes économiques difficiles. C'est dans cette quatrième approche que s'inscrivait la politique sociale de l'actuel chef de l'Etat. Jeudi soir, plusieurs signaux ont officialisé l'impossibilité d'accompagner socialement les réformes. C'est d'abord la réduction de moitié du budget alloué au Revenu de solidarité active, l'avancée sociale la plus significative puisqu'il s'agit d'extraire les chômeurs de l'assistanat pour les encourager financièrement à retravailler. Il s'agit en outre d'un redéploiement : ce qui sera alloué aux bénéficiaires du RSA sera retiré aux bénéficiaires de la Prime pour l'emploi. Quant à l'amélioration du pouvoir d'achat, elle se réduit à une incitation fiscale pour accroître l'intéressement et à une fluidification de la concurrence qui ne pèsera pas lourd face à la hausse mondiale de l'énergie et des matières premières. Mais le plus grave est que l'endettement, les erreurs budgétaires du début de mandat, la pression européenne et l'accentuation de la contrainte extérieure accumulés obligent maintenant le gouvernement à « tailler dans le dur », c'est-à-dire à réviser sévèrement les acquis sociaux les plus enracinés dans le consensus national. Pas par sadisme mais parce que ce sont, avec celles des collectivités locales, les dépenses publiques qui progressent le plus vite et qui, donc, « plombent » la compétitivité du pays.