PETITION POUR LA DESTITUTION DE NICOLAS SARKOZY
DE SES FONCTIONS DE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE




Presse


05/05/2008 Sarkozy est allé de la "rupture" au divorce avec les Français
La Presse Canadienne

Triomphalement élu le 6 mai 2007, Nicolas Sarkozy aura connu sept mois d'état de grâce où il a fait feu de tout bois, entre réformes tous azimuts et style "bling bling". Mais le retour aux réalités début 2008 est brutal: l'économie plonge, et la popularité du chef de l'Etat avec, l'obligeant à s'initier à l'autocritique.
Symbole de cette nouvelle humilité, Nicolas Sarkozy confessait le 24 avril dernier avoir commis des "erreurs". Le ton était loin de celui du vainqueur du second tour de la présidentielle - avec 53,06 pour cent des voix face à Ségolène Royal - qui prêchait la "rupture" et le volontarisme pour aller "chercher (ce) point de croissance" qui manque à la France.
Sa force, c'est alors son activisme: il ouvre tous les dossiers, et réforme à tour de bras (paquet fiscal, service minimum, universités, peines planchers, immigration, Grenelle de l'environnement). Chaque jour compte son lot d'annonces et il brouille les lignes politiques avec "l'ouverture", déstabilisant l'opposition.
A l'étranger, Nicolas Sarkozy ramène les infirmières bulgares emprisonnées en Libye, avec l'aide inattendue de son épouse Cécilia. Il débloque aussi le débat sur les institutions européennes avec un accord des 27 sur un "traité simplifié".
Alors que les relations se réchauffent avec les Etats-Unis et Israël, il ne manque plus guère à son tableau de chasse que la libération d'Ingrid Betancourt, détenue par les FARC en Colombie, dont il obtient des preuves de vie le 30 novembre.
Il affronte à l'automne son baptême du feu social avec le mouvement contre la réforme des régimes spéciaux de retraite. Après neuf jours de paralysie des transports publics, les grévistes cèdent. La réforme passe.
Nicolas Sarkozy est alors un "hyperprésident". Son premier ministre François Fillon peine à exister.
Une seule difficulté se profile, mais elle est de taille: la question du pouvoir d'achat. Après avoir porté le candidat UMP au pouvoir au nom du "travailler plus pour gagner plus", les Français n'en voient pas la concrétisation dans leur portefeuille. Au contraire: le prix du carburant et le panier de la ménagère flambent. La défiscalisation des heures supplémentaires, entrée en vigueur le 1er octobre, est critiquée pour sa complexité.
Les Français s'agacent aussi de voir Nicolas Sarkozy augmenter son salaire de président de 140 pour cent, poser avec lunettes de soleil et montres de prix, partir en vacance dans l'avion de l'homme d'affaires Vincent Bolloré et étaler une vie privée mouvementée.
Après avoir divorcé de Cécilia le 18 octobre, il est en effet photographié aux côtés de l'ex-mannequin Carla Bruni, avec laquelle il passera des vacances de fin d'année très médiatiques en Egypte et Jordanie. Il l'épousera le 2 février, mais en catimini.
Car entre-temps, la sanction est tombée. Nicolas Sarkozy s'effondre dans les sondages en quelques semaines début 2008. Le désamour est tel que désormais, c'est François Fillon qui fait de l'ombre au chef de l'Etat, suscitant des tensions entre les deux hommes.
Pour Nicolas Sarkozy, c'est le début d'une longue série noire.
Le 23 janvier, il apporte son soutien au rapport de Jacques Attali sur la croissance: tollé dans les professions visées, à commencer par les taxis. Furieux de ne pas avoir été consultés, les élus UMP craignent les retombées électorales.
Le 13 février, le président propose de confier aux élèves de CM2 la mémoire d'un des 11 000 enfants français victimes de la Shoah: nouvelle polémique. "On ne peut pas infliger cela à des petits de dix ans!" lâche Simone Veil.
Et quand il inaugure le salon de l'agriculture, les Français ne retiennent que son altercation avec un visiteur agressif, auquel il lance un peu présidentiel "casse-toi alors, pauvre con".
L'annonce de la fin du financement de l'Etat pour la carte famille nombreuse de la SNCF provoque une nouvelle levée de boucliers. Nicolas Sarkozy recule.
Mais c'est sur le front économique que les nouvelles sont les plus inquiétantes. Montée de l'euro et du prix du pétrole, inflation, crise du marché immobilier américain: le "choc de croissance" espéré n'est plus d'actualité. Plus que jamais, selon l'expression de François Fillon, les "caisses sont vides". L'Etat doit se serrer la ceinture pour espérer tenir ses engagements européens. L'opposition accuse le gouvernement de préparer un plan de rigueur.
Lors des municipales des 9 et 16 mars, le divorce se confirme: c'est une vague rose. Nicolas Sarkozy fait le dos rond: il procède à un léger remaniement de son gouvernement et de son équipe à l'Elysée, refuse de changer de cap, mais tente d'adopter un style différent, plus modeste. Reste à savoir s'il parviendra à reconquérir des Français qui, pour les deux-tiers d'entre eux selon les sondages, sont déçus.
Les chantiers des prochaines semaines s'annoncent en tout cas minés: mise en oeuvre du Grenelle de l'environnement, allongement de la durée de cotisation sur les retraites, réforme des hôpitaux ou des armées. En attendant le retour de la croissance, en 2009 peut-être.